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Intervention de Yves Vandewalle

Réunion du 20 octobre 2011 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2012 — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaYves Vandewalle :

L'enjeu en vaut la peine : l'amélioration de la compétitivité-coût de nos entreprises permettra le développement des exportations et l'augmentation des revenus nets, ce qui soutiendra la consommation. Vous l'avez compris : je suis en désaccord avec l'intervention du président de la commission des finances, mais cela ne surprendra personne.

Le deuxième point, c'est la consolidation de notre système bancaire qui était déjà prévue par Bâle III.

Il faut le faire avec discernement : les avatars du Crédit lyonnais nous ont vaccinés contre les remèdes simplistes que certains proposent encore. Pour autant, les dérives de la financiarisation de l'économie exigent des mesures énergiques de régulation, internationales et nationales, qui doivent être encore renforcées, sans pour autant freiner l'accès au crédit.

Il ne faut pas perdre de vue que les ressources des banques françaises, comme celles des compagnies d'assurance, sont constituées pour l'essentiel par l'épargne des Français. La crise des dettes souveraines mérite donc une grande attention : on sait que, par exemple, le fonds euros de l'AFER, l'Association française d'épargne retraite, qui compte un très grand nombre d'adhérents, contient environ 30 % de dettes souveraines, dont – fort heureusement pour les déposants – une forte part de dettes française et allemande et une très faible part de dette grecque.

L'argent des établissements financiers, c'est d'abord celui des Français, et nous avons le devoir de veiller à protéger leur épargne. C'est pourquoi le retour à l'équilibre des finances publiques est une impérieuse nécessité. Sinon, comme dans le passé, c'est par l'érosion monétaire que l'on réduira le poids de la dette publique, au détriment de tous les épargnants, et notamment des retraités. Les États-Unis sont déjà en train de le faire avec des taux d'intérêts négatifs ; ils ont programmé pour les prochaines années une inflation forte. En Europe, ce serait prendre le risque d'opposer une Europe du nord, budgétairement vertueuse, à une Europe du sud laxiste.

Mon troisième point porte sur les équilibres générationnels. Le 4 octobre dernier, sur France 2, j'ai entendu une jeune fille de vingt-quatre ans déclarer : « nous, on n'a pas d'avenir et eux, ils – entendez les générations plus âgées – se gavent de pognon ». L'affirmation est simpliste et provocante, mais on aurait tort d'éluder la question qu'elle pose et d'ignorer les difficultés qu'éprouvent les jeunes à se faire une place dans notre société.

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