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Intervention de Yves Deniaud

Réunion du 20 octobre 2011 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2012 — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaYves Deniaud :

On n'y pense même plus tellement le déficit nous paraît naturel.

Nous n'avons connu aucun répit, contrairement à nos voisins anglais, espagnols ou irlandais qui, il y a quelques années, ont un moment bénéficié d'un excédent budgétaire.

En 2008 et 2009 nous avons pu avec promptitude et énergie sauver notre système bancaire sans frais et même avec intérêt, et surtout soutenir l'activité et limiter la décroissance en 2009 à 2,5 %, le plus faible niveau des grands pays frappés par la crise.

Aujourd'hui, la France, comme les autres pays, n'a plus le choix. Pendant trente-sept ans, nous avons cru que nous pourrions indéfiniment continuer de faire de l'investissement, mais surtout, hélas, du pouvoir d'achat, du social, du fonctionnement administratif, du « toujours plus » à crédit, sans nous soucier d'avoir pu au préalable produire les moyens financiers.

Tout cela, c'est fini ! Le message qui nous est transmis va bien plus profond que la simple alerte d'une agence de notation, et s'adresse d'ailleurs à tous les pays anciennement développés. Ce message dit que nous devons retrouver l'équilibre sans tarder et commencer à réduire le stock de dette. Faute de quoi, on ne nous prêtera que si peu et si cher que ce sera l'effondrement pur et simple de notre modèle social.

Les pays émergents captent maintenant la moitié des investissements internationaux. Sans doute dépasseront-ils cette proportion dès cette année 2011. Le jugement qui fonde la décision d'investir est le même qui fonde la décision de prêter. Nous savons donc ce qui nous attend.

Que doit-on faire ? Très exactement suivre la ligne de crête choisie depuis cinq ans : un vrai effort d'économie budgétaire à la fois sur les dépenses réelles et les dépenses fiscales – sans excès, car il faut préserver une croissance fragile –, accompagné d'une action de fond et d'envergure pour l'innovation et la recherche, qui sera payante pour notre développement futur.

L'actualité immédiate de la déclaration de Moody's devrait nous remémorer ce par quoi une autre agence, avant l'été, expliquait notre triple A : notre démographie favorable, atout qu'au sein de l'OCDE nous ne partageons qu'avec l'Irlande, le Canada et les États-Unis ; notre énorme épargne privée, notamment les 1 400 milliards de l'assurance vie ; notre action publique enfin, en particulier la réforme des retraites et la politique budgétaire.

Ces explications sont de bon sens et doivent nous conforter dans nos choix. Elles nous indiquent, à rebours, ce qu'il ne faut pas faire : toucher à la politique familiale, apeurer l'épargne, revenir sur la réforme des retraites, augmenter les impôts, accroître de nouveau la dépense publique et recruter davantage de fonctionnaires. Bref, il ne faut pas adopter le programme socialiste…

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